J’écris depuis très longtemps pour
moi-même. Enfin plutôt, pour personne, juste pour me libérer. Cela
m’est totalement naturel. Et là, j’ai envie de partager,
simplement parce que cela peut aussi allumer des petites lumières
chez d’autres personnes, qui pourront se reconnaître dans certains
aspects de ce que je vis ou ressens. Je déteste étaler ma vie sur
Facebook, tout ce genre de choses.
Et pourtant, je ne cesse d’être
surprise par la richesse qu’il y a à partager mes expériences,
mes ressentis, lorsqu’ils sont authentiques et ne visent pas à
étaler combien ma vie est géniale, ne visent pas à recueillir les
réactions de tas de personnes pour me prouver à moi-même que ma
vie est géniale.
Bref. Et depuis que j’ai envie de
partager, je me dis : partager quoi ? Quelle est ma légitimité ?
Sur quel sujet ? Ce que j’écris au quotidien, c’est ma vie
intérieure, c’est très personnel, et ça ne peut intéresser
personne. Et puis, je me sens souvent si décalée que cela me fait
adopter une forme de pudeur face à l’autre, par défaut. Oui.
Et puis, lorsque je rencontre ou je lis
quelqu’un qui a l’air de se sentir un peu comme moi, j’éprouve
ce sentiment énorme de me reconnaître en l’autre, qui me fait
tellement avancer, qui m’autorise un peu… à exister telle que je
suis.
Je ne veux donner aucune leçon, aucune
théorie qui puisse se généraliser : aussi, j’assume d’utiliser
le “je”, non pour me raconter, plutôt pour laisser ce que j’ai
à dire à sa juste et modeste place, en espérant que cela évitera
à mes propos de ressembler à ceux d’un prédicateur.